les 3 grandes théories

autour des bienfaits de la nature sur l’humain

Que ce soit en jardinant, en se promenant dans la forêt, ou plus simplement en la regardant par sa fenêtre ou même en photo, la nature apporte de nombreux bienfaits à l’humain !

 

THÉORIE DE La

BIOPHILIE

(e. Fromm, psychanalyste américain, années 60, repris par edward o. Wilson, biologiste américain, années 80).

Composé de “bio” signifiant la vie et “philie” signifiant qui aime ; soit le fait d’aimer le vivant.

La biophilie décrit l’affinité innée et génétique de l’être humain avec le monde naturel. L’humain se sent bien et à l’aise dans la nature car c’est le milieu dans lequel il a évolué pendant des milliers d’années, et qui lui a permis de (sur)vivre (ressources naturelles à disposition…).

Évoluer dans un environnement naturel permettrait des stimulations cognitives, physiques et émotionnelles qui contribuent au bien-être de l’individu. Cette proximité agit également de manière positive sur la productivité, les relations en société et l’engagement envers la biodiversité.

A contrario, l’absence de connexion à la nature conduit à une dégradation de la santé.

Depuis la révolution industrielle (XIXe siècle), l’humain évolue dans un environnement essentiellement artificiel (urbanisation, temps passé en intérieur, digital/virtuel, surabondance d’informations). Les espaces de nature sont des lieux qui permettent de s’échapper des activités quotidiennes, un cadre favorable au bien-être. La régularité des expériences de nature et le choix de l’espace de nature selon ses ressentis sont des facteurs clés et amplificateurs des bienfaits.

 

THÉORIE DE la

RESTAURATION DE L’ATTENTION

(Kaplan & Kaplan, 1989 ; S. Kaplan, 1995)

La capacité du cerveau à se concentrer sur un stimulus ou une tâche spécifique est limitée et entraîne une « fatigue de l’attention dirigée ». Rappelons que le mode de vie actuel (> urbain) entraine des exigences croissantes à nos ressources cognitives. Les ruminations mentales, manifestation à l’origine d’une anxiété chronique, s’imposent aujourd’hui dans tout mode de vie au quotidien (l’humain passerait 50% de son temps à ruminer).

Les Kaplan, sur la base des travaux de James, ont séparé le processus attentionnel en une entité dirigée / volontaire (attention partagée, soutenue, sélective) et une entité non dirigée / moins sélective.

La théorie de la restauration de l’attention (TRA) suggère que cette fatigue mentale et la concentration volontaire peuvent être améliorées / régénérées par le temps passé dans la nature ou à l’observer. Couramment reprise, cette théorie ne s’appuyait pas initialement sur des preuves mais les études scientifiques depuis quelques années sur le sujet sont exponentielles et tendent à la confirmer*.

Les Kaplan ont identifié quatre propriétés que doit offrir l’environnement naturel afin de fournir cet effet réparateur :

  1. Étendue (la possibilité de se sentir immergé dans l’environnement) ;
  2. Être absent (permettre de s’échapper des activités habituelles) ;
  3. Fascination douce (aspects de l’environnement qui captent l’attention sans effort) ;
  4. Compatibilité (les individus doivent vouloir être exposés à l’environnement et l’apprécier).

La fascination douce serait le critère clé, les trois autres propriétés renforçant ou entretenant cette 3ème propriété.

définition de l’attention (William James, 1890, The Principles of Psychology)

L’attention est la prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive, d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui sont présents simultanément. […] Elle implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres. 

Les spécialistes en distinguent trois formes principales d’attention (dirigée) : l’attention soutenue (ou maintenue), l’attention sélective (ou focalisée) et enfin l’attention divisée.

THÉORIE DE la

RÉDUCTION DU STRESS

(roger Ulrich, 1991)

Différentes hypothèses convergent pour dire que si les individus sont stressés, une rencontre avec les environnements naturels non menaçants aura une influence de réduction du stress ou de réparation, a contrario, des environnements urbains entraveront la récupération. Cela tient par le fait que l’humain serait plus adapté, par son évolution, à des écosystèmes naturels qu’à des écosystèmes urbains (biophilie).

Ulrich a mis en évidence les effets bénéfiques du contact avec la nature sur la réduction du stress et a proposé cette théorie en 1991. Cette théorie postule qu’en réponse à des facteurs de stress externes, des changements se produisent dans les systèmes cardiovasculaire, squelettomusculaire et neuroendocrinien du corps.

Depuis d’autres études ont été menées (facteurs : vue, odeur, son de la nature)  (Diette, 2003 ; Morita et al. 2007 ; J. Lee et al., 2011 ; Hunter 2019 …). Les recherches montrent que l’exposition à la nature permet de réduire la tension artérielle, la fréquence cardiaque ainsi que la concentration de certaines hormones impliquées dans la formation du stress (cortisol), et ainsi de se détendre.

définition du stress (oms)

Le stress est un état d’inquiétude ou de tension mentale causé par une situation difficile. Il s’agit d’une réponse humaine naturelle qui nous incite à relever les défis et à faire face aux menaces auxquels on est confrontés dans notre vie. Chacun éprouve du stress dans une certaine mesure. Toutefois la façon dont nous réagissons face au stress fait une grande différence pour notre bien-être général.  Le stress agit sur l’esprit et le corps. Un léger stress n’est pas une mauvaise chose, car il peut nous aider à effectuer des activités quotidiennes. Mais trop de stress peut entraîner des problèmes de santé physique et mentale.

* Références

, . The Biophilia Hypothesis (1993). cliquez ici.

Attention Restoration Theory : A systematic review of the attention restoration potential of exposure to natural environments. H Ohly, MP. White, B W. Wheeler, A Bethel, O C. Ukoumunne, V Nikolaou, R Garside (2016). Journal of Toxicology and Environmental Health. cliquez ici.

Stress recovery during exposure to natural and urban environments. RS. Ulrich, RF. Simons, BD. Losito, E Fiorito, MA. Miles, M Zelson. (1991). Journal of Environmental Psychology. cliquez ici