L’hortithérapie

L’hortithérapie vient de la racine latine « hortus » (qui signifie jardin) et du mot thérapie.

L’American Horticultural Therapy Association (AHTA) donne la définition suivante : « l’hortithérapie consiste à utiliser les plantes et le végétal comme médiation thérapeutique sous la direction d’un professionnel formé à cette pratique pour atteindre des objectifs précis adaptés aux besoins du participant ».

 

Le jardinage en tant qu’approche thérapeutique est apparu à la fin du 18e siècle aux États-Unis qui est devenue une discipline enseignée en 1971. D’autres pays sont précurseurs comme l’Angleterre, le Canada et le Japon. La pratique du jardinage peut influer sur les capacités mentales et physiques.

En France, l’hortithérapie est reconnue dans la classifications des INM (Intervention Non médicamenteuse) de la plateforme CEPS. Des associations fleurissent un peu partout pour proposer des ateliers de jardinage dans et hors établissements de santé. Une Fédération Française Jardin Nature et Santé est née en 2018.

Ces activités peinent encore à s’intégrer dans les protocoles de soin conventionnels. Le secteur doit monter en compétence. Des formations longues commencent à voir le jour. L’association Belle Plantes à Maule créée par Anne et Jean-Paul Ribes, les pionniers (Maule, 78) et le domaine de Chaumont sur Loire (41) sont des références et proposent différents cursus de courte durée depuis près de 10 ans.

 

Durant les activités, les relations entre le patients et le personnel de santé sont différentes. Un nouvel équilibre et relationnel s’installe. Le patient passif dans sa chambre subissant les traitements de soin devient actif et prend à son tour soin des plantes. On a tendance à dire que le soigné devient soignant et est pleinement acteur de santé, ce qui le rend responsable.

 

Les ateliers et les espaces dédiés seront différents selon la cible (enfants, adultes, personnes âgées) et les besoins liés à la maladie ou au handicap.

 

Les conditions favorisant le succès des activités : l’intégration des patients et des équipes dès la conception du projet, l’intégration au processus plus large du traitement, l’association d’un professionnel du jardin et d’un professionnel de santé, la tenue d’un dossier comprenant les observations, mesures et améliorations.

Le frein principal est la ressource budgétaire. Il est conseillé de solliciter des partenaires extérieurs comme la Fondation Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France ou encore la Fondation d’Entreprise Georges Truffaut (que j’ai eu le plaisir de créer).

 

Voici quelques exemples modèles : Le jardin « art, mémoire et vie » du CHRU de Nancy (54) porté par le Docteur Thérèse Jonveaux, le jardin des tisanes du Centre hospitalier Théophile Roussel (Montesson, 78) créé par Didier Sigler, directeur des soins honoraire.

Zoom sur la Maladie d’Alzheimer

L’hortithérapie est essentiellement présente dans les EHPAD, le Ministère de la Santé ayant reconnu cette thérapie comme “non médicamenteuse”,  dans le cadre des actions du Plan Alzheimer 2008-2012.

La maladie d’Alzheimer, maladie du cerveau, est une affection neuro-dégénérative qui entraine une détérioration progressive et définitive des cellules nerveuses provoquant une démence.

Dès les premières phases, la perte de mémoire, les facultés de jugement et de raisonnement se détériorent. La mémoire immédiate et le fonctionnement mental sont d’abord affectés, puis surviennent une altération du langage, une difficulté à effectuer des gestes, des troubles de l’orientation dans le temps et l’espace. Le comportement ainsi que la concentration se dégradent.

Une étude menée sur une durée de 2 ans menée par l’association horticole canadienne sur des malades d’Alzheimer, a prouvé une baisse de 19% d’incidents violents pour les patients en contact avec des jardins, et une hausse de 680% pour les autres patients.

Les bienfaits de l’hortithérapie sont nombreux :

  • Communication facilitée avec le personnel de santé mais également les visiteurs ;
  • Stimulation des sens favorisant le travail de la mémoire ;
  • Disparition du sentiment d’errance. Le jardin est un but de promenade ;
  • Exposition à la lumière du jour permettant de faire le plein d’énergie, chasser le stress et avoir un bon sommeil (régulation des cycles circadiens).