Les Jardins d’Hippocrate

axe patient – économique

CONTEXTE

La nature peut être bénéfique à chaque étape d’un parcours de soin.

L’établissement de santé a développé un projet structuré centré sur la nature et pleinement intégré dans le parcours de soins de ses patients / résidents, en cohérence avec la notion d’intervention non médicamenteuse.

Définition de l’hortithérapie

Vient de la racine latine « hortus » (qui signifie jardin) et du mot thérapie.

« l’hortithérapie consiste à utiliser les plantes et le végétal comme médiation thérapeutique sous la direction d’un professionnel formé à cette pratique pour atteindre des objectifs précis adaptés aux besoins du participant ». American Horticultural Therapy Association (AHTA).

un peu d’histoire

Le jardinage en tant qu’approche thérapeutique est apparu à la fin du 18e siècle aux États-Unis qui est devenue une discipline enseignée en 1971. D’autres pays sont précurseurs comme l’Angleterre, le Canada et le Japon.

En France, l’hortithérapie est reconnue dans la classifications des INM (Intervention Non médicamenteuse). Ces activités peinent encore à s’intégrer dans les protocoles de soin conventionnels.

Définition

Intervention non médicamenteuse

Selon la  Non Pharmacological  Intervention Society (NPIS), une intervention non médicamenteuse est un “protocole de prévention santé ou de soin efficace, personnalisé, non invasif, référencé et encadré par un professionnel qualifié”.

Ce travail résulte de l’incitation en 2011 de la Haute Autorité de Santé de qualifier d’INM les protocoles physiques, psychosociaux et nutritionnels de prévention et de soin fondés sur des données probantes. L’article précise le périmètre de ces pratiques de santé, nommées en anglais Normalized Person-centered Intervention, à partir d’un cadre éthique et scientifique d’évaluation co-construit sous la coordination de la NPIS. Ce paradigme standardisé permet d’identifier un patrimoine universel de protocoles immatériels de prévention et de soin, complémentaires d’autres pratiques conventionnelles de santé. La recherche permettra d’élargir le nombre de protocoles labellisés et traçables dans un référentiel à la disposition des kinésithérapeutes.

(voir l’article.   Ninot, 2024)

Les lignes directrices

La mise en place d’une démarche d’hortithérapie doit être structurée et intégrée dans le parcours de soin global du patient sans quoi les ateliers proposés peuvent s’apparenter à des activités “occupationnelles”.

Les bienfaits apportés dans le cadre d’un atelier d’hortithérapie peuvent être directs (le contact à la nature est bénéfique) ou indirects (le jardin est un facilitateur social). Durant les activités, les relations entre le patients et le personnel de santé sont différentes. Un nouvel équilibre et relationnel s’installe. Le patient passif dans sa chambre subissant les traitements de soin devient actif et prend à son tour soin des plantes. On a tendance à dire que le soigné devient soignant et est pleinement acteur de santé, ce qui le rend responsable.

Les ateliers et les espaces dédiés seront différents selon la cible (enfants, adultes, personnes âgées) et les besoins liés à la maladie ou au handicap.

les bienfaits

moteurs

  • Augmente la dextérité (motricité fine)
  • Augmente l’équilibre
  • Augmente l’endurance et la résistance à l’effort

cognitifs

  • Stimule la communication et le langage
  • Donne des repères spatiaux, temporaux

psychiques

  • Favorise l’estime de soi
  • Stimule la motivation

sociaux

  • Favorise le sentiment d’appartenance au groupe
  • Facilite la gestion des conflits

Facteurs clés de succès

Participation des patients dès la conception du projet

Intégration dans le suivi global du dossier du patient

Association d’un professionnel du jardin et d’un professionnel de santé

Zoom sur :  EHPAD BAUME LES DAMES

Baume les Dames (25) – FHF

Lauréat 2022  des Trophées Les Jardins d’Hippocrate

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Le projet récompensé est la création et l’animation d’un projet d’hortithérapie.

Depuis septembre 2021, le service d’EHPAD et le secteur sanitaire ont mis au point un jardin thérapeutique au CH de Baume-les-Dames, après un sondage mené en interne auprès des 130 résidents, mettant en évidence le désir de découvrir ou de retrouver des sensations qu’apportent le contact à la nature.

Le jardin (400m²) a été structuré de façon à y pratiquer différents ateliers thérapeutiques : actions horticoles, embellissement du jardin ou l’intérieur de l’hôpital, transformation des produits du jardin…

Le caractère remarquable est l’intégration dans le projet d’établissement et le suivi des résidents (réunion mensuelle : observation / bilan), animée par une équipe pluridisciplinaire (psychologue, psychomotricienne, animatrices, service technique), garantissant sa pérennité.

Cette action a été rendue possible grâce aux soutiens financier et matériels de nombreux partenaires, dont la Conférence des financeurs présidée par le Département du Doubs, dans le cadre d’un appel à projet de l’ARS.

La structure est petite mais cela n’empêche en rien de déployer ce genre de projet. Tout est question de conviction !

“C’est une très grande fierté pour une structure de petite taille peu coutumière de cette mise à l’honneur. Les grands établissements disposent en effet de services ou de personnes dédiées permettant un travail de fond sur le long terme en particulier pour les appels à projets.

Pour Baume il s’agit avant tout de la reconnaissance du dynamisme d’une équipe projet pilotée par notre psychomotricienne avec un projet mené pour et par les résidents.

Il s’agit d’un travail important réalisé dans ce cadre qui, au-delà de l’hôpital de proximité, valorise également les équipes. Sur un plan général, cela met également en avant la gérontologie, parent pauvre du monde hospitalier, et le travail auprès du résident.

Le rôle de la Direction et du coordonnateur des soins donc de la gouvernance doit consister, dans le cadre de ce type de projet, à veiller à sa pertinence et ensuite à être des facilitateurs. C’est ce que nous avons essayé de faire. Je souligne toutefois le rôle important joué par le coordonnateur des soins.

Pour finir ce prix nous « offert » une exposition médiatique de tout premier ordre dont nous sommes peu coutumiers (presse locale, interview JT France 3 BFC, courrier de félicitation du député local).”

Georges Navarro
Directeur

inm

parcours de soin

participatif

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